Le Cocon d'une Etoile

Journal spirituel d'une fille de la Lune et du Soleil

21 octobre 2009

Le temps des fruits gâtés

Pour une fois, j'y avais vraiment cru...J'ai semé les graines, j'ai récolté les fruits, mais je n'aurais pas eu le temps de les savourer. Le vent froid  soufflait déjà comme une odeur de pourriture qui se traînait au loin. Je l'ai humée, sentie, pressentie, avant qu'elle ne m'emporte dans son sillage acre. Et un matin, j'ai dû faire mon deuil et enterrer les fruits gâtés dans le cimetierre si familier des espoirs déçus. Il pleut.

Alors que la saison sombre est sur le point d'étendre son manteau de neige, l'abeille n'a plus de fleur à butiner et ne goûtera pas le miel, la chenille se retrouve sans cocon. La lionne ne sait plus rugir et miaule en silence, tandis que le papillon, privé d'ailes, ne vole plus et erre parmi les âmes mortes. La louve, affamée, rôde toujours mais souffre d'inappétence. Quant à l'ourse, peu rêveuse, elle s'échappe à peine en priant les étoiles, tour à tour insomniaque et paresseuse, épuisée de quelques efforts stériles. Si seulement un cri de chouette pouvait percer les ténèbres et révéler à nouveau l'éclat de la lune attendant le soleil...

A présent que je suis tombée si bas, rien ne saurait être pire. Quand on chute, on se relève : C'est un réflexe instinctif de survie qui se nourrit peu, en vérité, de l'envie ou de la volonté, mais davantage de fierté. "Chienne de vie", j'ai perdu cette fois-ci et tu avais sans doute une quelconque bonne leçon à me donner ? Je l'accepte. Mais tu as intérêt à courir vite car je te rattraperai, tôt ou tard. Tu m'as mordue aujourd'hui mais je te croquerai demain. Et surtout n'oublie jamais que je suis ta maîtresse. Alors danse avec moi et clouons le bec à ce vilain corbeau !

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08 octobre 2009

Déconnectée

En ce moment, je me sens déconnectée de la Terre-Mère, vidée de mon énergie. Mon environnement a changé subitement et je me retrouve dans un entre-deux, comme je m'y attendais. Je n'ai plus de temps pour moi, ni de lieu pour me retrouver et me ressourcer. Je rêve d'un espace à moi, pour prier, méditer, me dévouer au sacré et le célébrer, mais pour l'instant, je dois faire sans autel personnel et cela me manque. Je sens que mon esprit sature de théorie alors que j'ai besoin de pratique. Je veux vivre ma spiritualité concrètement, jour après jour, et non me contenter d'y penser. Je dois m'accrocher et m'adapter à ce nouveau quotidien qui est le mien.

Je cherche désespérément un brin de nature sauvage, entre asphalte et béton : Tant de murs ont remplacé les arbres...J'ai fait part de cet affaiblissement spirituel à ma nouvelle correspondante soeurcière, Valiel. Ses remarques pertinentes, lors de notre discussion sur la toile, m'ont amenée à voir mon problème d'une autre manière : Et si, au lieu de courir après forêts, champs et rivières, j'essayais de ressentir les énergies urbaines dans ce qu'elles ont de meilleur à m'offrir ? Jusqu'ici, je ressentais les énergies de la ville, mais uniquement celles qui m'étaient néfastes et m'affaiblissaient. J'avoue avoir toujours eu des difficultés à percevoir la présence du divin au milieu du bruit, de la pollution, des graffitis et du matraquage publicitaire, d'une fourmilière pressée et hostile qui se nourrit de futilités, dans une ambiance parfois malsaine et violente. Et pourtant, le sacré est partout, tout autour de soi et en soi.

Je pourrais me satisfaire d'un temple intérieur et trouver en moi ce que je poursuis en vain. Je pourrais aussi me forger un bouclier pour affronter la rudesse de l'extérieur. Cependant, je suis certaine que derrière ses façades glauques, la cité-vampire regorge de merveilles insoupçonnées. Bien que je me demande comment m'y prendre, je souhaite pouvoir capter la sève qui coule dans les veines de cette étrange entité. Ce n'est pas parce-que je ne parviens pas encore à la concevoir et à situer ses forces bienfaisantes qu'elle n'en possède pas.

J'aimerais expérimenter des techniques spirituelles adaptées à la vie urbaine. J'ai recensé quelques ouvrages susceptibles de pouvoir m'aider à apprivoiser ce milieu :
- City Magick : Urban Rituals, Spells And Shamanism, Christopher Penczak
- The Urban Primitive : Paganism In The Concrete Jungle, Raven Kaldera et Tannin Schwartzein
- The Urban Pagan : Magical Living In A 9-to-5 World, Patricia Telesco

Si je pouvais bénéficier de vos témoignages personnels, conseils, méthodes et autres suggestions de lecture, j'en serais ravie, chers lecteurs ;) !

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13 septembre 2009

Le temps de la récolte

Je n'ai pas profité de la première récolte, comme je l'avais pressenti durant le temps des fleurs...J'ai attendu jusqu'à ne plus pouvoir, jusqu'à ne plus craindre le vide, et j'ai sauté, sans filet. Et comme je l'espérais, étrangement, le vent de Septembre a tourné et me porte désormais vers mon idéal. Je cueillerai les fruits de l'automne et passerai la partie sombre de l'année dans un nouveau cocon bien douillet et empli de douceurs sucrées. Cette année, l'hiver ne me mordra pas : C'est une promesse que la Lune de la Moisson m'a faite, un cadeau que Mabon gardait enfoui pour moi sous un tas de feuilles mortes. Rien ne sert de courir, il faut semer à point...

Le spleen embaume encore un peu l'air, comme à son habitude en morte-saison, certes, mais je ne resterai pas longtemps dans son sillage. C'est un deuil, en quelque sorte, mais davantage une renaissance qui s'offre à moi. Je suis dans l'entre deux. Bientôt, certains souvenirs, douloureux, seront loin, très loin, derrière moi. Et maintenant que je parviens tout près de là où mon coeur m'appelait, que les voeux sont sur le point d'être exaucés, je me demande où aller après. Mais pour l'instant, je vais me reposer et croquer dans cette lumière suave et dorée.

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05 mai 2009

Le temps des fleurs

Le soleil réchauffe le sol de ses tendres rayons. Sa lumière caressante lui lance un appel : Elle lui murmure de se réveiller. Les arbres ont retrouvé leur parure printanière de feuilles vertes et de bourgeons éclos. Les brins d'herbe sauvage sous le feu ou l'eau du ciel, embaument l'air d'un parfum de miel. Et partout des fleurs aux pétales soyeux et colorés se lèvent. Mais moi, je reste enfouie loin dans la terre, profondément endormie. L'heure n'est pas encore venue de m'épanouir sous la lueur de l'astre du jour.

Je me sens plutôt pâle quand je les regarde, toutes si vives, bien ouvertes, prêtes à donner des fruits plus savoureux les uns que les autres. Elles resplendissent tout autour de moi comme des joyaux dans cet immense jardin. A côté, j'ai l'air d'une mauvaise herbe ou d'une graine incapable de germer. Comment croître et se frayer un chemin entre les pierres quand on est affaiblie ? Comment s'élever quand on n'a plus de racines par lesquelles puiser de la force ? Je sens que la récolte risque d'être maigre, cette année.

Et pourtant, je rêve de leur ressembler à ces reines végétales. C'est seulement que ce n'est pas ma saison : Il y a des fleurs qui nécessitent plus de temps pour pousser. Et puis, il en reste encore un peu pour semer, du temps, justement. Même si je manque la première récolte, il y en aura une seconde. Peut-être que je ne serais jamais la fleur que j'espère...Mais ce que je sais, c'est que la différence est un trésor qui donne son charme au jardin à travers mille et unes teintes et une myriade de senteurs, et que toutes les fleurs, quelles qu'elles soient, (re)naissent de ce qui s'est auparavant décomposé. Alors, qu'importe l'hiver au fond ?

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30 janvier 2009

Quand chutent les étoiles...

Voici Imbolc qui m'a vue naître.
Voici Imbolc qui l'a vue mourir.
Voici venir le jour de Brigid...
Déesse : Ton ventre est un berceau, ton ventre est un tombeau.

Comment briller de mille feux quand déjà je peine à maintenir cette flamme qui m'anime ?
Elle vacille, toujours prête à s'éteindre. J'ai froid.


J'ai l'impression d'être sans cesse en deuil de ce qui n'aura jamais été ailleurs que dans mes espoirs déçus, mes illusions.
J'ai l'impression de n'être rien que du vide. Seule.
J'ai l'impression que l'aube me fuit, que le jour ne succèdera jamais à la nuit.

Je suis lasse du flux et du reflux.
Je veux rester figée comme la glace.
Qu'on ne me donne rien si c'est pour me l'arracher.
J'ai mal.

Tout est si éphèmère ici-bas...
Et moi, je rêve d'étoiles éternelles...

Posté par Seasaidh à 21:10 - Les Reflets de Psyché - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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