06 mars 2008
A Sedna
Sedna, Toi qui a trouvé refuge dans l’océan et embrassé les courants hostiles,
Sedna, Toi qui a su boire la lumière noyée par les grandes vagues noires,
Ô, Sedna, Mère nourricière des eaux froides et troublées…
Qu’as-Tu donc à murmurer à mon oreille,
Toi, Celle à travers qui l’on renaît de ses cendres,
Gardienne des secrets cachés loin, là-bas, dans un petit coin d’âme fragile,
Attendant d’être cueillis malgré les menaces d’un orage sur un cœur tourmenté ?
Tu es la Fille Sauvage rejetée par un père aveugle de crainte,
Et qui pour survivre a meurtri et renié la chair de sa chair...
Mais que lui reste t-il quand Tu n’es plus là ?
Un goût amer de vide, des yeux éteints ?
Alors, parfois, Tu réapparais, brièvement, dans ses songes,
Car Tu as appris à pardonner cet autre Toi.
Ta grande sagesse réside dans l’amour infini
Que Tu offres en remède aux repentis qui ont su T’apprivoiser.
Bénis soient la perle et le poisson jaillissant des abysses de l’Inconscient !
22 février 2008
Au coeur du cocon dormait une étoile
Par une nuit de flocons éphémères,
Suspendu à une branche de conifère,
Un cocon dansait au gré d'un vent froid.
Un berceau, un refuge pour mille émois,
Une terre d'asile, fertile et nourricière,
Un souffle nouveau porteur de lumière,
Une flamme vive qui réchauffe de l'intérieur,
Une source pure, élixir salvateur...
Au coeur du cocon dormait une étoile,
Rêvant de mystères ôtés de leurs voiles.
Après quelques fissions révélatrices
L'astre mua, au sein de la matrice.
Et la fille de la lune et du soleil,
Bientôt, entendit le chant des merveilles.
Le fruit sacré de cette initiation :
La frêle chrysalide devint papillon.

