28 octobre 2009
Le cimetière des arbres
Encore un rêve enchanteur. Il fait nuit et froid. J'erre dans les rues dans une ambiance hivernale, brumeuse mais sans neige. Mes pas me mènent auprès d'un arbre étrange. Mes yeux le contemple un long instant. Son tronc est large et tortueux, profondément ancré dans l'asphalte. Ses racines sinueuses émergent du sol éclaté sous leur vigueur. Ses branches nues serpentent vers le ciel nocturne dépourvu d'étoiles et de lune. En silence, il semble murmurer quelque secret puis entame comme un chant de peine. Je sens son appel vibrer à l'intérieur de mon âme. J'ai la sensation qu'il me prie de regarder autour de moi, afin que je vois...
C'est alors que des centaines d'autres arbres, d'apparence similaire, se dessinent dans l'obscurité. On dirait un cimetière d'arbres morts, un labyrinthe d'ombres sylvaines tentant d'échapper à l'oubli. Ils étouffent leurs cris désespérés sous un voile de dignité, mais leurs cimes frémissent sous le passage du vent. Et s'ils donnent l'impression de dépérir, lentement, comme s'ils s'étaient résignés à disparaître, je perçois, malgré tout, telle une lueur de force de vie au coeur de leurs auras majestueuses.
Ces arbres décharnés, tels des squelettes, m'ont troublée. Je suis émue sous le poids de leur beauté et de leur présence qui résonne encore en moi. Ils m'ont hypnotisée. Je pense avoir saisi quelques bribes de leur message et souhaiterais davantage pénétrer leurs mystères. Peu importe qu'ils daignent m'y initier. Je les approcherai avec humilité et respect, à jamais. Ceci est une promesse, gravée au creux de mes mains toujours honorées de caresser l'écorce d'un ancêtre végétal. Ce qui meurt renaîtra et rien ne meurt vraiment tant que l'on s'en souvient. Je me souviendrai des arbres...Et de ces graines d'espoir trépassées avant d'avoir pu germer : Si je n'oublie pas d'en resemer, l'espoir reviendra.
27 juillet 2009
Le cri
Cauchemar d'une nuit d'été :
Je suis chez un ophtalmologue en tant que stagiaire. J'observe l'assistante, une femme d'âge mûr aux cheveux courts et blancs qui porte de lunettes. Je lui pose des questions quant aux procédures de comptabilité afin de pouvoir la remplacer efficacement durant ses congés. Cela semble lui déplaire et d'une remarque, elle remet en cause mes capacités à remplir cette tâche. Je proteste en énumérant les missions similaires qui me sont confiées dans mon travail actuel. L'ophtalmologue, un homme à la barbe blanche portant aussi des lunettes, a écouté notre conversation. Il a l'air d'apprécier ma curiosité et mon esprit d'initiative, et songe à m'embaucher...
A l'étage, Mon Adoré se réveille. Je monte le retrouver. Il a fait un cauchemar et commence à me le raconter. Je lui tiens la main, le rassure et lui murmure de ne pas s'inquiéter. L'assistante m'a suivie et s'indigne de mon soutien. Elle me dit que je n'entends rien à rien, que je déforme inconsciemment ce qu'il vient de m'avouer, qu'il n'a pas été victime d'un mauvais songe mais qu'il était en réalité en train de me confesser avoir eu une relation avec ma petite soeur ! Je commence à pleurer, à répéter que ce n'est pas possible, que cela ne peut être la vérité, que ce n'est absolument pas ce qu'il a dit. L'ophtalmologue nous rejoint et, devant mon désarroi, prie l'assistante de nous laisser à présent. Piquée au vif, elle se met à crier, à lui reprocher que tout devient n'importe quoi, que plus rien ne fonctionne en évoquant une machine à laver qui n'essore plus, que c'est un véritable "bordel" depuis quelques temps...
Puis, elle s'approche de moi en me fixant d'un regard sombre et froid, je sens sa haine sur moi. Elle plaque alors ses mains contre mon dos et je suis saisie par une insupportable douleur. Ses mains sont comme deux fers rouges qui me brûlent la chair. Et elle crie, elle crie, toujours et de plus en plus fort. J'ai peur mais je ne peux bouger. L'ophtalmologue nous sépare et décide de tenir son assistante le plus loin possible de moi afin d'éviter qu'elle ne me fasse davantage de mal. Je me réfugie dans les bras de Mon Adoré. Ils descendent les escaliers. Silence. Soudain, un dernier cri, strident comme celui d'une banshee (C'est encore elle) et une question dans nos regards croisés à laquelle je n'aurais pas le temps d'avoir une réponse : Qu'a t'elle fait de l'ophtalmologue ?
A mon réveil, j'ai la certitude que cette vieille femme est un reflet de moi-même. Une part refoulée, sombre, inconsciente qui se heurte à ma conscience. Elle sait quelque chose que je ne vois pas, sur laquelle je ferme les yeux, que je refuse d'entendre. Elle veut me réveiller (mains de fers rouges) et lever le voile des illusions (cabinet d'ophtalmologie, lunettes) même si je dois souffrir. Sa violence est inouïe et je me bats pour la tenir à l'écart : Toute vérité blesse. Son cri est celui d'une banshee, celui de la femme bafouée en moi ? Dans ce cauchemar, les larmes ont coulé, serait-ce moi cette machine qui n'essore plus ? Dans cette atmosphère effrayante, j'ai vu mes doutes, mon manque de confiance (en moi et en les autres), l'impression d'avoir, quelque part, été trahie...J'ai entendu son appel désespéré mais joue les sourdes...Pour un semblant de paix du coeur, suis-je prête à sacrifier celle de l'esprit ? Un vent de mort se lève, que va-t-il emporter ? Le peu de confiance qu'il me restait, c'est déjà fait...Et un brin d'innocence pour deux de dignité, sans doute ?
10 mars 2009
Descente aux Enfers
La nuit dernière, j'ai fait un rêve étrange.
Il faisait nuit. Je me tenais dans la rue de mon enfance, attendant le passage du bus, en compagnie de mon Aimé. Alors que le bus était sur le point de passer, je perds mon bracelet protecteur (celui-là même dont je vous ai parlé dans un précédent article de ce blog) qui tombe dans une bouche d'égout. Le chauffeur du bus semble pressé, il ne peut m'attendre et se permettre d'être davantage en retard. Bien que mon Aimé ait déjà payé nos places, je ne monte pas avec lui dans le bus car je ne peux me résoudre à la perte de ce bracelet : Je dois impérativement le récupérer. Pour cela, je descends dans la bouche d'égout, m'aidant de l'échelle rudimentaire déjà en place et construite à même la paroi. Je m'enfonce, atteins le sol, récupère mon bracelet et entame la remontée.
Arrivée au niveau de la dernière marche, je m'aperçois que quelque chose dans cet environnement a changé. Les marches ne mènent plus jusqu'au sommet mais je ne panique pas. Je défonce un mur et assiste à une drôle de scène. J'observe des employés de bureau en train de brûler des preuves. Je sens que je suis malgré moi un témoin indésirable. Je leur demande tout de même de l'aide pour remonter à la surface en dépit du fait que ma confiance devrait être ébranlée au vu de la situation. C'est alors qu'une sorte de chimère, que j'appelle le sphinx, se retrouve chargée de me ramener là d'où je viens.
Je ressors de la bouche d'égoût par un autre passage et réalise que celui que j'avais emprunté à l'origine à été enseveli sous la terre, comme pour en condamner l'accès. Je croise des personnes de mon entourage et comprends que tout le monde me croyait morte. Je me mets à réciter mon histoire et au moment de révéler comment j'ai pu m'en sortir, je me retourne et constate que le sphinx n'est pas content. Il a l'air de se diriger droit sur moi et, sentant sa menace, je choisis de me taire et de garder mon secret. Le sphinx semble alors apaisé et disparaît.
Lorsque je me suis réveillée, j'ai immédiatement pensé à Ishtar et à sa descente aux Enfers. Au fait qu'elle a dû abandonner ses parures protectrices et faire face, nue, à la mort. Au fait qu'elle en est revenue, malgré tout. Je pense que je vais m'intéresser de plus près à son mythe qui comporte de nombreux points communs avec celui d'Inanna et celui de Perséphone. Il n'y a pas si longtemps d'ailleurs, j'ai tiré la carte de Déméter lors d'un tirage avec l'oracle Ancient Feminine Wisdom Of Goddesses And Heroines. Elle m'invitait à lâcher Prise. Quelque chose en moi doit mourir pour que les étoiles reviennent.

